Chambres d'hôtes à besançon, gîtes de france city break, gite de ville BESANCON

La retraite sentimentale

Chambres hotes Besançon, gites de france City break hebergement BESANCON DOUBS FRANCHE COMTE

La maison "colette". Remontez le temps jusqu’en 1729

Remontez le temps jusqu’en 1729. Imaginez une maison, à mi-chemin entre ferme et demeure bourgeoise.
Placez-là au cœur d’un vaste domaine.

Colette
Revenez en 2010. Imaginez une maison d’hôtes, notre maison d’hôtes entre chambres et gîte. Placez-là au cœur d’un domaine partagé. En effet, ces trois siècles ont vu naître un château, aujourd’hui dit Château Colette et propriété de la ville dans lequel l’écrivaine passait tous ses étés au début du siècle dernier et y écrivit - en autres œuvres- La retraite sentimentale. Jetez un œil chez notre voisin de droite, petit hameau de maisons contemporaines.

 

« Il n'y a, dans la Retraite sentimentale, que deux portraits fidèles : celui de ma maison natale à Saint-Sauveur-en-Puisaye, et celui du romantique petit domaine bisontin qui fut mien. La main qui les peignit aux pages de ce livre fit si bien qu'à les regarder seulement je crois gravir la côte, claquer la barrière, tordre au passage une vrille de la treille, respirer la glycine l'ombre du chat au ras de ma jupe, je franchis les seuils, j'ouvre une à une les chambres qui me virent heureuse et jeune-, je les habite encore... » Colette.

Colette évoque sa maison des Montboucons a besançon

Colette évoque encore sa maison des Montboucons dans « Mes apprentissages ». Boutterin, architecte et concepteur du plan d’embellissement de Besançon a repris la propriété des Montboucons. La municipalité de Besançon, informée de la vente de la propriété, la rachète en 2001. Cette propriété entourée d’un parc de quatre hectares arborés, est maintenant appelé « La Maison Colette » en souvenir du séjour de l’écrivain et de son attachement à Besançon.
Venez vous asseoir un instant sur la terrasse au bord de la piscine et si le soleil est encore chaud, reculez jusqu’à la tonnelle recouverte de glycine, de vigne et de jasmin. Ouvrez grand les narines et les yeux et laissez-vous envahir par le bien-être palpable qui émane de ce petit coin de paradis en pleine ville de Besançon.

Prenez un peu de recul à présent et posez la photo dans un quartier sur une colline, celle dite des Montboucons. Ecrin de verdure à cinq kilomètres du centre-ville, il témoigne de « l’esprit village », accueille l’une des dernières fermes urbaines et ses six cents moutons. Ancien grand quartier de vignes, dont quelques unes subsistent, il conserve en son sein deux très jolies cabordes classées.

Enfin, optez pour la hauteur et suivez-nous dans une visite de la capitale franc-comtoise.

les Montboucons a besançon

Maison Colette
A la moindre sollicitation de ma mémoire, le domaine des Monts-Boucons dresse son toit de tuiles presque noires, son fronton Directoire, qui ne datait sans doute que de Charles X, peint en camaïeu jaunâtre, ses boqueteaux, son arche de roc. La maison, la petite ferme, les cinq ou six hectares qui les entouraient, M. Willy sembla me les donner : « tout cela est à vous. » Trois ans plus tard, il me les reprenait : « Cela n’est plus à vous, ni à moi. » Le verger, très vieux, donnait encore des fruits, maigres et sapides. De juin à novembre, trois ou quatre années de suite, j’ai goûté là-haut une solitude pareille à celle des bergers. A 6 heures en été, à 7 heures en automne, j’étais dehors, attentive aux roses chargées de pluie, ou à la feuille rouge des cerisiers tremblant dans le rouge matin de novembre. Les rats d’argent s’attablaient à même la treille, la couleuvre géante, prise dans le treillage du poulailler, ne put échapper aux poules féroces. Le chat était durement gouverné par les hirondelles, qui lui défendaient à coups de becs, à grands sifflements guerriers, l’accès de la grange dont chaque poutre soutenait une rangée de nids….

ColetteEn 1900, Colette a 27 ans, elle est alors l’épouse et le « nègre » de M. Henry Gauthier Villars dit « Willy ». Celui-ci, en remerciement des premiers tomes des « Claudine » que Colette a écrits mais que Willy a signés, lui offre le domaine des Monts-Boucons.

 

Comme aux plus agréables des pièges, j’ai failli rester prise aux charmes des Monts-Boucons. Vieux arbres fruitiers, cerisiers et mirabelles ; murs épais, impétueux feux de bois, sèches alcôves craquantes – il s’en fallut de peu que de bourguignonne je ne tournasse bisontine, tout au moins franc-comtoise.

 

Entre 1902 et 1907 Colette vient donc passer les étés dans sa retraite bisontine. Elle y écrit entre autre La Retraite sentimentale, roman dans lequel la maison devient « Casamène ».
Mais en 1907, le couple se sépare et la maison des Monts-Boucons est vendue.

 

En somme, on m’arrache là mes Monts-Boucons et ça me fait au cœur une sale petite plaie qui ne se referme pas.

 

Beaucoup plus tard, elle affirmera encore : Les Monts-Boucons sont un pays de nostalgie ; un temps et un pays à jamais perdus.

 

Colette meurt en 1954, elle est célèbre, reconnue comme l’un des meilleurs écrivains du XXème siècle, mais elle n’a pas oublié son domaine montboucontois.

 

Le goût de mes heures franc-comtoises m’est resté si vif qu’en dépit des années, je n’ai rien perdu de tant d’images, de tant d’études, de tant de mélancolie.

Source